Nous posons nos valises dans un hôtel au doux nom d’Oasis II sur la plus grande île de l’archipel. La Baie d’Halong est parsemée de 1969 îles ! Nous consacrons notre premier jour insulaire à découvrir la petite ville, profiter de la piscine et récupérer de notre nuit dans le bus-couchette…

Le lendemain, nous embarquons au port avec une trentaine d’autres visiteurs qui comme nous, se réjouissent de découvrir les merveilles d’une des baies les plus magnifiques au monde. Il fait plutôt frais et gris ce matin-là, malheureusement. Nous traversons les eaux de la Mer de Chine dans la grisaille, les nombreux rochers qui jalonnent notre périple sont emballés de coton brumeux. La première halte-baignade se fait sous une petite pluie rafraîchissante mais peu engageante pour la plupart d’entre nous : seuls deux courageux se jettent à l’eau au milieu des pains de sucre aux falaises abruptes. De-ci, de-là, quelques méduses étalent leurs filins urticants autour de notre bateau…

Nous poursuivons notre trajet pour une visite tout aussi aventureuse : un village de pêcheurs sur l’eau et leurs fermes à poissons flottantes. Celles-ci sont des plates-formes composées de structures en bois posées sur des bidons qui flottent. Des cages formées d’un filet et d’un cadre en bois renferment des milliers de poiscailles, elles sont assemblées les unes aux autres comme un damier. Le seul moyen de passer de l’une à l’autre, et c’est là que se complique l’excursion, est d’emprunter le cadre, de marcher sur une poutre vermoulue et mouillée au beau milieu d’une multitude d’animaux affamés de chaque côté de nos pieds peu rassurés. Ca c’est du sport ! Juliette accomplit l’exploit en tandem avec son daddy, sous une petite pluie chaude… séquence frisson et bonne suée sous nos ponchos plastiques autour du monde ! Impossible de faire marche arrière : les autres touristes sont à la queue leu leu derrière nous…

Nous remontons avec grand plaisir sur le navire qui nous emmène plus au coeur de la baie alors que le soleil pointe enfin ; les eaux se font plus turquoises et les roches karstiques se dessinent gracieusement, laissant apparaître la jungle luxuriante qui les recouvre. Nous voguons au milieu de ces merveilles de la nature pour rejoindre l’endroit où certains prendront le kayak alors que d’autres se laisseront bercer au rythme d’une embarcation plus traditionnelle : le sampan. C’est un petit bateau à fond plat, fabriqué avec des matériaux locaux, facile à manoeuvrer et actionné par une paire de rames. Notre barreur debout tel un gondolier, nous emmène visiter quelques grottes joliment découpées par l’érosion de la mer. On passe dans une sorte de tunnel sous la roche ciselée, admirons les nuances bleu vert des eaux limpides et apprécions la quiétude des lieux alors que seul le bruit des rames nous accompagne…

Après cette parenthèse de zénitude et de contemplation béate, nous retrouvons notre navire de départ et les autres touristes pour nous acheminer vers le deuxième point de baignade. Cette fois-ci, on ne se fait pas prier et alors que Juliette s’est profondément assoupie, nous plongeons, Margaux, Christophe et moi pour nager jusqu’à une petite plage jusque-là déserte. La Mer de Chine est idéale : vaguelettes à bonne température, c’est un vrai moment de plaisir qui nous est offert au beau milieu de la baie d’Halong.

Allez, il est temps de remonter sur le boat et de rentrer sur l’île de Catba. D’autres moyens de transport nous attendent !

Le lendemain, séquence «capillaire» : nous nous installons au bord de la piscine pour une opération racines ! Il est temps pour mon coiffeur personnel, Christophe dit Chris Dessanges, de s’occuper de mes cheveux et d’appliquer une coloration (que j’avais pris soin d’acheter en France). Après une première réalisée à Cuzco, il est temps d’effectuer un petit «raccord», Pour cette deuxième, nous avons quelques témoins ravis de cette scène insolite : les asiatiques qui sont comme nous autour de la piscine se font une joie de nous filmer, certainement pour poster une vidéo insolite sur WeChat, leur réseau social favori..

Une fois ma coiffure parfaite, nous voilà prêts pour visiter l’île de Cat Ba comme il se doit : la location de scooter nous semble une très bonne option. Pour moins de 3 euros, on peut louer un deux roues pour la journée et parcourir la jolie route principale en direction du nord. Nous voilà vite fait bien fait en route sur trois scooters plus ou moins en bon état, mais bien décidés à passer une journée fun sous nos casques ! Juliette sera passagère de son papa…

Nous commençons par quitter la ville et monter dans les virages jusqu’à une grotte bien fraîche : Trung Trang Cave, l’une des 150 cavernes de l’île, aussi appelée grotte des Chauve-souris.
C’est un long boyau avec 2 entrées. Par place, il faut courber le dos pour passer entre les stalagmites et autres concrétions. Juliette nous attendra donc à l’entrée. Nous profitons de cette visite pour nous accorder une pause fraîcheur souterraine.
On reprend nos scoots pour rechercher un endroit où manger tout près du parc national. On s’installe au bord de la route dans un petit boui-boui, seuls clients de ce dimanche midi, on mangera très simple. Une photo de l’équipe de motards plus tard, allez hop, vroum vroum, on traverse la route pour se garer près de l’entrée.

Le sourire n’est pas compris dans le ticket d’entrée. En revanche, la chaleur et l’humidité oui ! Reconnu biosphère mondiale de l’Unesco en 2004, le parc renferme quelques biches qui paissent le long de notre chemin. Sur les 16000 hectares de forêt luxuriante, un resort est en construction au pied de la montagne que Margaux et Agnès graviront courageusement ! Elles laissent Christophe et Juliette à l’ombre d’une terrasse. C’est parti pour l’itinéraire facile entre les hauts arbres, un petit sentier serpente et s’enfonce dans la jungle, terrible jungle : nous suons à grosses gouttes mais une fois le premier parcours franchi, choisissons d’enchaîner sur un 2ème plus corsé. Nous croisons quelques touristes bien rouges, comme nous, qui nous mettent en garde au sujet du terrain glissant. l’un d’entre eux nous offre d’ailleurs une belle démonstration et s’étale juste devant nous…

La dernière ligne droite est plus acrobatique : on rampe quasiment pour terminer les derniers mètres bien escarpés. La vue vaut la peine mais pas ce jour-là ! La brume se moque de nos efforts et nous cache un panorama certainement magnifique par temps dégagé…

Il est temps de redescendre et d’enfourcher nos 3 mobylettes pour profiter cette fois d’un parcours qu’on appellera « corniche sur la Baie d’Halong ». Juste avant la nuit, nous grimpons jusqu’au Fort Cannon : quelques canons et quelques ruines de cette ancienne forteresse militaire offrent un point de vue unique sur la Baie. La brume s’invite à nouveau sur notre coucher de soleil, néanmoins splendide. Les scooters de Margaux et Agnès n’auront pas franchi la terrible montée jusque-là : Christophe emmènera ses 2 filles sur son vaillant bolide…

Pour une première en deux-roues pour Margaux et Agnès, tout le monde est bien content, on leur remet leur permis vietnamien !

 

Nous débarquons au petit matin dans la brume fraîche et humide du quai de Lao Cai. Il sera cinq heures lorsque, de là, nous prendrons un van qui nous déposera, au bout de quelques lacets et paysages montagneux, dans la petite ville de Sapa.

Loin de l’effervescence de Hanoï, près de la frontière chinoise, la cité de 9000 habitants attire les trekkers, elle est joliment entourée de rizières en terrasse et de reliefs verdoyants. Quelques villages aux habitations typiques des différentes ethnies présentes ici sont éparpillés sur les collines qui l’entourent.

Après ces dernières semaines de chaleur extrême, nous apprécions les températures plus «à la française », on dira même «collection été Haut Doubs», les quelque 20 degrés ambiants nous changent des 40 degrés tropicaux de la Thaïlande….
On arrive dans une brume bien épaisse ; le chauffeur nous indique le lac de la ville : on devine plus qu’on ne voit les berges du plan d’eau. On quitte la cité pour s’engager cahin-caha sur un chemin de terre bien défoncé par les pluies et les travaux en cours depuis plusieurs années. Au bout d’une longue demi-heure de descente chaotique, nous voici enfin arrivés au beau milieu des rizières. Notre hôtel est entouré de cultures en terrasse : magnifique ! Les water buffalos paissent dans les champs de riz, les paysans et leur chapeau vietnamien conique ont le dos courbé, les canards barbotent dans les terrasses inondées, fraîchement labourées.

On prend un petit déjeuner simple et savoureux, la famille qui nous accueille est particulièrement aux petits soins. Duc et son épouse Chris s’occupent de tout : les repas, les cottages, les balades, on se laisse glisser, pour une fois ! On a même droit à une présentation de tissus et bijoux artisanaux par une voisine. Les femmes utilisent la technique du batik pour teindre les étoffes dans le village. La petite localité au milieu des montagnes et des rizières invite à la promenade : nous partons tous les quatre, en compagnie de plusieurs guides. En fait de guides, ce sont des marchandes colporteuses qui proposent des articles d’artisanat local tout en cheminant avec nous sur les routes de campagne. C’est notre première expérience de «walk and shop» ! Et de trois guides, nous passerons bientôt à cinq et croiserons même d’autres marchandes tout aussi souriantes, voilà une coutume très locale !

Le soir, nous remonterons par les mêmes trous et bosses pour rejoindre Sapa et déguster quelques spécialités locales alors qu’il tombe des trombes d’eau : on amène sur la table tout le nécessaire à la fabrication de nems maison : papier de riz, légumes, boeuf, champignons, germes de soja et salade verte… Après une petite démo, nous cuisinons vietnamien. Miam !

Le lendemain, les villages de différentes ethnies sont au programme. Le Vietnam en compte 54 officiellement : hmongs, dao, taï, etc avec chacune ses spécificités culturelles et ses traditions, métiers, habitat, etc.

Nous arrivons au village de Ta Van à 8 km de Sapa. Vivent ici une quarantaine de familles de l’ethnie Giay qui vivent principalement de la culture en rizières inondées. Les deux côtés du village sont recouverts de champs de riz, les ruelles sont charmantes et nous nous promenons toujours avec des guides de-ci de-là. Un arrêt dans une boutique d’indigo pour découvrir les jolies créations des femmes du village : sacs en toile, rideaux brodés, trousses et nappes aux motifs traditionnels. Tout ce qu’aime Agnès…

Nous reprenons la route pour rejoindre Ta Phin, un autre hameau un plus bas dans la montagne, hameau de Daos rouges et de Hmongs. Les femmes s’adonnent ici à la fabrication de tissu et se transmettent un savoir ancestral quant aux processus de tissage, de teinture et de broderie. Nous visitons un atelier et assistons à une démonstration de création de motifs batiks grâce à l’application de cire et au trempage dans un bain d’indigo (nous avons d’ailleurs vu ce matin les plantes utilisées pour obtenir cette couleur bleu marine si typique de l’ethnie Hmong).

Juste à côté nous attend un repas simple : nous déjeunons avec plaisir dans un cadre exceptionnel : vue sur les rizières qui déroulent leur tapis vert juste en dessous de nous. Margaux et Agnès quittent la table pour une excursion sur les sentiers qui bordent les cultures de riz. Les villageois nous regardent en riant, le paysage est unique.

Nous quittons la campagne pour rejoindre une dernière fois Sapa. Il fait gris et humide, une petite bruine nous chatouille le nez alors que nous buvons un café aux oeufs sur une terrasse. Le marché propose tout un étalage de tripoux : langues de boeuf, foies de veau, pattes de poule et autres cauchemars du végétarien… ça ne sent pas franchement bon… Nous achetons de quoi faire des sandwichs car le bus de nuit nous attend bientôt. Et le bus de nuit, c’est l’aventure !

Justement, nous voici prêts dans la gare routière. Nous avons pris de l’avance et sommes presque les premiers sur place : seuls trois jeunes allemands nous ont précédés. Lorsque nous entrons dans le car, nous découvrons un drôle d’intérieur : pas de sièges mais trois rangées de couchettes superposées. On comprend difficilement mais on finit par entendre qu’on doit enlever nos chaussures avant d’entrer : les passages entre les rangées sont aménagés avec des sortes de matelas, comme dans une salle de gym… Là, on comprend aussi qu’il n’y a pas de toilettes, on remet tous nos chaussures pour ressortir pour une pause pipi. et avaler nos sandwichs sur le parking : interdit de manger à l’intérieur…

On rigole avec les allemands de cette façon spéciale que le chauffeur et son acolyte nous expliquent les choses, en nous gueulant dessus dans une langue qui doit être entre l’anglais et le vietnamien, on ne sait pas dire… on s’installe dans les espèces de barquettes, un peu comme des cercueils inclinés en plastique ! On est tous un peu trop grands ou sont-ce les barquettes qui sont trop petites ? On finit par s’installer tant bien que mal, alors que la foule de passagers débarquent en nombre dans le véhicule : pas beaucoup de place pour nos sacs à dos et la valise d’insuline et autre matériel médical de Juliette… Encore quelques coups de gueule du chef de bord, et le bus s’ébranle, à l’heure ! Nous roulons depuis quelques minutes à peine quand nous marquons un arrêt improbable, non officiel a priori, pour charger quelques locaux qui s’allongent dans les allées… Le surbooking au marché noir n’est pas une légende mais une pratique sûrement très lucrative ! On s’arrêtera encore plusieurs fois dans la nuit pour charger et décharger ces passagers clandestins… Vers minuit, tout le monde dort ou en tout cas essaye de dormir, et là, toutes les lumières s’allument, le bus s’arrête et le chef de bord hurle «TOILET !». Au moins, tous ceux qui dormaient à poings fermés sont informés !

Allez, nous repartons de plus belle et arriverons tous sans encombre au bord de la mer de Chine dans la fameuse Baie d’Halong. Le bus monte sur le ferry et traverse ainsi jusqu’à l’Ile de Catba où nous passerons les prochains jours.

Finalement, à choisir, on aura largement préféré les trains-couchette aux bus de nuit !

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Celle qui fut la capitale du Vietnam jusqu’en 1945, l’ancienne cité impériale est une ville paisible et romantique, traversée par la rivière des Parfums. Nous avons la chance de passer trois jours ici, alors que se tient le festival vietnamien de l’artisanat : soie de toutes les couleurs, bois sculpté, vêtements traditionnels, étoffes brodées, on découvrira sur les rives du fleuve côtier les plus belles facettes du savoir-faire vietnamien, la foule en plus…

Premier matin, nous voici en taxi direction le Tombeau de Minh Mang : ce mausolée de l’empereur du même nom comprend pas moins de 40 monuments. Palais, pavillons et temples répartis symétriquement sur un jardin magnifique, très inspiré des jardins Ming chinois. On passe trois ponts et des troupeaux de carpes Koï affamées pour nous rendre vers le mausolée qui surplombe une petite colline verdoyante. La végétation est splendide : lotus, arbustes façon bonsaïs, fleurs de frangipaniers invitent à une balade bucolique…

La visite terminée, difficile de trouver un moyen de transport pour notre étape suivante : la pagode Thien Mu. Pas de bateau comme on le croyait et les chauffeurs de taxi sont tous en attente de leurs clients en train de visiter le mausolée… Après discussion, et après avoir sauvé un papillon pris au piège dans un des taxis, nous voici en voiture pour la fameuse pagode. Mais avant de nous y rendre, nous cherchons un petit restau pour nous sustenter…

Tripadvisor nous conseille deux adresses que nous trouvons au bout des rues d’ébénistes qui regardent bizarrement ces 4 touristes : des français qui supportent difficilement la chaleur de plomb de ce milieu de journée et se cassent le nez sur les deux portes closes… L’un des artisans, un très vieux monsieur, est tout heureux de nous parler en français et nous indiquer un boui-boui au bord de la rivière.

Nous mangerons au 9999 : quelques poules, quelques canards nous indiquent que nous sommes sur le bon chemin. L’endroit est très typique, pas l’ombre d’un touriste, six vietnamiens attablés buvant de la bière Saïgon et avalant des coquillages dont ils recrachent les coquilles à même le sol. On s’installe sur des chaises en plastique au bord de l’eau. Nous ne prenons pas trop de risque car le menu ne parle que le vietnamien. Nous commanderons du poulet et du riz… et une Saïgon bien sûr !

Nous reprenons la route à pied, le ventre plein, même pas malades, pour nous diriger vers la fameuse pagode. On l’appelle aussi Pagode de la Dame Céleste. Construite en 1601, elle est la plus haute du Vietnam du haut de ses six étages. En 1710, une cloche de 3285 kilos est ajoutée à l’édifice, la plus puissante de l’époque, on l’entend à plus de 10 km de là.

Tout au bord de la rivière des Parfums, on monte les marches au milieu d’une foule de touristes. Les jardins sont somptueux : des fleurs de flamboyants, des bonsaïs en pot, une équipe de bonzes qui font une partie de football. La Pagode est tout en haut d’une colline, visible de très loin et l’atmosphère est paisible, malgré les touristes présents.

Pour rentrer à l’hôtel, nous prendrons place à bord d’un dragon boat, la petite pluie de ce début de soirée nous accompagnera sur les flots jusqu’au centre de la ville. Le Hue Traditional Craft Festival nous attend : sur les bords de la rivière, la foule, des centaines de chapeaux vietnamiens et de lampions de papier décorent la balade. Le pont est éclairé de couleurs changeantes, les différents stands proposent toute la palette des créations vietnamiennes en matière d’artisanat d’art. Nous déambulons dans cet éventail de boutiques colorées. Nous dégusterons un repas sur le pouce dans un stand de cuisine japonaise, assis sur des tout petits tabourets dans le joli parc du centre ville.

Le lendemain matin, deux ballots de linge sale sous le bras, alors que nous parcourons les rues à la recherche d’une laverie, la laverie vient à nous ! Une jeune fille en scooter s’arrête devant nous pour nous proposer ses services : ni une, ni deux, elle embarque Agnès et les deux ballots sur son scooter direction la laundry !

Après le petit déjeuner, nous prenons place à bord de deux pousse-pousse pour traverser la ville et rejoindre la Citadelle de Hué. C’est l’exemple typique d’une ville impériale du Vietnam. Elle est composée de trois cercles de remparts, cité interdite, cité impériale et une muraille de dix kilomètres de périmètre, six mètres de haut, 21 mètres d’épaisseur, avec dix entrées.

Nos deux cyclistes chevronnés nous emmènent dans une course folle dans les rues animées et sur le pont Trang Tien, (construit par notre Gustave national), où nous slalomons entre les quelques voitures et les nombreux scooters pétaradants…

Arrivés entiers, nous entrons par la porte principale, jadis réservée à l’usage exclusif de l’empereur. Comme chez les Chouchoux de Meroux, l’architecture respecte les principes d’harmonie du yin et du yang ainsi qu’une symétrie toute orientale. Nous évoluons à l’ombre des grands arbres et des corridors aux portes de bois rouge. Nous visitons quelques-uns des temples magnifiquement décorés : statues aux expressions étonnantes, stores de bambou peints de dessins traditionnels, bâtons d’encens et leurs volutes de fumées nonchalantes… Juliette nous attend sur un banc devant un des temples, alors que nous enlevons nos chaussures, une chinoise s’installe à ses côtés pour prendre un selfie qu’elle postera certainement dans la foulée sur Wechat (le réseau social préféré des asiatiques. WTF ?! Ses yeux bleus et son teint de porcelaine les fascinent…

Lorsque le soleil se couche, nous prenons la direction de la gare ferroviaire pour une drôle d’expérience… Un trajet de quinze heures pour relier Hanoï en train couchette. Lorsque nous entrons dans notre cabine, nous découvrons nos quatre couchettes plutôt confortables bien que déjà occupées par des locaux : quelques insectes rampants de la race des cafards. Rien de bien grave, nous rirons bien tandis que nous nous efforçons tant bien que mal de nous installer sur les (mini) lits superposés. C’est un peu sport mais nous nous attendions à plus d’inconfort… La nuit sera néanmoins courte : les asiatiques aiment à rigoler et discuter dans les couloirs des wagons jusque très tard. Après un sommeil chaotique comme les voies ferrées qui nous emmènent à la capitale, nous débarquons vers midi sur le quai d’Hanoï. Après une halte-étape de quelques heures dans cette charmante ville, nous reprenons au soir un deuxième train-couchette, même pas peur ! En quittant la gare, notre train traverse la fameuse «rue du train» : les immeubles y sont tellement rapprochés qu’on a l’impression de passer dans le salon des riverains ! C’est devenu une attraction pour les touristes du monde entier : nous y ferons une halte lors de notre séjour à Hanoï…

Notre deuxième cabine est plus authentique, tout en bois avec de petits rideaux jolis. Monter sur les lits superposés est tout aussi sportif : Margaux et Christophe occupent les couchettes hautes tandis que Juliette et Agnès dorment en bas, au cas où une hypo pointerait son nez. Les chocolats sont prêts si nécessaire… Les matelas sont plus épais, les insectes ne nous accompagnent pas cette fois, et les corridors sont plus silencieux, en revanche, les voies sont nettement plus rock’n roll !

Nous nous souviendrons de cette épopée qui nous emmène à l’extrême nord du Vietnam, juste en dessous de la frontière chinoise, les rizières en terrasse de Sapa nous attendent…

 

Lundi de Pâques, nous prenons place dans un véhicule 9 places pour rejoindre la capitale. 5h30 de voyage, dont 30 minutes dans le duty free et casinos sans âme de la frontière. On la joue local : ça sent le durian dans le mini-bus collectif, (un peu comme si quelqu’un transportait un munster par 35 à l’ombre…).

On arrive sans encombre à Phnom Penh dans l’après-midi ensoleillé et chaud et on rejoint l’hôtel dans deux tuctucs : celui-ci est en plein centre, une piscine sur le toit et une jolie salle à manger traditionnelle. On se déchausse avant d’entrer, on mange sur de grandes tables basses, les fesses sur des coussins au sol, pas forcément au goût de tout le monde mais en tout cas exotique !

Le premier matin, à la fraîche, nous prenons un tuctuc Christophe et moi pour nous rendre à l’agence qui s’occupera de nos visas vietnamiens. Après un petit déjeuner pieds nus, nous prenons un tuctuc puis un petit bac direction l’Ile de la Soie. Le chauffeur ne garde que Juju sur son engin (une petite mobylette avec un bricolage à la MacGyver comme un bidon d’eau sur le côté prolongé d’un tuyau qui refroidit le moteur) pour monter la côte jusque sur l’embarcadère.

A peine le pied posé sur la petite île, nous nous faisons accostés par une famille de tisseurs de soie, c’est parti pour la visite de leur atelier-maison (on travaille en bas et on vit à l’étage). La maman tisse, les filles parlent l’anglais et nous vendent quelques foulards aux jolies couleurs…

On se rend maintenant avec notre guide du jour – et chauffeur et bricoleur -, dans une «ferme» de vers à soie, ça va de soi ! Un deuxième guide franglophone (!) nous emmène dans une visite plutôt intéressante : élevage des larves et processus de fabrication.

Autour un mini-zoo, des oiseaux dans des cages qui parlent aux visiteurs, des chouettes, des singes, deux énormes crocos, des paons et un bassin à poissons qui va nous ramener quelques mois en arrière en Amazonie ! Nous retrouvons les énormes bestioles aux écailles noires et rouges du Rio Negro : les pirarucus portent ici un autre nom : le lucky fish ou poisson de la chance.

Si tu le touches, la chance t’accompagnera pendant deux années. Margaux et Christophe plongent la main dans l’aquarium pour caresser l’animal dans le sens des écailles… On se souvient que les pirarucus d’Amazonie étaient affamés et voraces, on n’aurait alors pas tremper un orteil dans la cage qu’ils occupaient dans le Rio Negro brésilien…

Le soir venu, nous embarquons à nouveau sur le Mékong pour une croisière de nuit. C’est en sirotant un cocktail fruité que nous admirerons le coucher du soleil sur les rives du fleuve mythique. La ville s’illumine petit à petit et les lumières aux mille couleurs sont un enchantement ! Phnom Penh et ses deux millions d’habitants est une capitale moderne, mélange épicé d’influences asiatiques et française.

En 1975, l’arrivée des khmers rouges et leurs ravages ont marqué dramatiquement l’histoire de ce pays. Il est possible de visiter ce qu’on appelle les Champs de la Mort mais nous choisirons de ne pas nous y rendre avec Juliette.

Notre troisième jour nous emmène pour la visite du célèbre temple Wat Phnom. Ce fut Daun Penh, une vieille femme riche qui découvrit quatre statues de Bouddha en bronze et en pierre dans un tronc d’arbre échoué sur les berges du Mékong. La vieille femme aurait ensuite placé les statues dans un sanctuaire provisoire sur la colline, près de sa maison. Le temple qu’on appelle aussi la Pagode de la Colline est le plus ancien de la ville.

Une horloge géante nous accueille dans le parc charmant et ombragé du lieu, des serpents nagas géants ornent les deux côtés de l’escalier principal, des petits oiseaux attendent dans leur cage qu’un fidèle veuille bien les acheter pour accompagner sa prière et les libérer ensuite… pour mieux être capturés à nouveau pour un business sans fin…
Les volutes d’encens parfument le sanctuaire principal et son grand Bouddha lui-même entouré d’autres statues. De magnifiques peintures ornent murs et plafonds, des assiettes de nourriture, des bananes et des mangues sont posés sur le sol en offrande aux divinités par de pieux visiteurs.

La vie est encore moins chère au Cambodge qu’en Thaïlande. Margaux en profite pour faire tatouer le mot « voyage » en khmer sur sa deuxième cheville…

Nous quittons le Cambodge conquis par la gentillesse de ses habitants et l’authenticité de ses paysages.

Certes, le pays a encore beaucoup à développer, cheminer sur ses « trottoirs » s’est avéré compliqué pour notre Juju mais le sourire contagieux des cambodgiens restera dans nos coeurs longtemps…

 

Nous quittons la Thaïlande pour son voisin le Cambodge et ses temples uniques.

Nous sommes maintenant quatre : Margaux passera encore quelques semaines avec nous et Joanne est bien rentrée en France.

Siem Reap est une petite ville (140 000 habitants), mais surtout la porte d’entrée vers les célèbres vestiges khmers d’Angkor. A part pour cette visite incontournable, le climat plus que tropical nous poussera dans la piscine le plus clair de notre temps ici…

Nous sommes venus jusque-là pour découvrir l’ancienne capitale d’un des plus importants empires du Sud-Est asiatique, à savoir l’empire khmer.

On se lève bien avant l’aube, genre 4h30 pour assister au lever du soleil sur Angkor Wat. Après une étape en bus, nous voilà sur les traces des khmers. Entre le IXème et le XVème siècle, différents monarques et empereurs firent construire des merveilles d’architecture, leurs temples au milieu d’une forêt. Le temps et plusieurs guerres sont passés ici, emportant avec eux beaucoup des vestiges de cette époque où à son apogée vivait plus d’un million d’habitants.

La foule est déjà amassée devant le plan d’eau qui jouxte les vieilles pierres. Comme tous ces touristes, nous attendons 6h48, le moment magique où l’astre brillant apparaît derrière les quatre tours.

On transpire déjà : l’air est très très humide et les températures du jour dépasseront allègrement les 40 degrés. Malgré cela, la foule est silencieuse et admirative dans ce moment exceptionnel : nous apprécions la majesté de l’instant dans une communion presque mystique…

Quelques singes nous accompagnent et jouent à escalader toits et autres tourelles.

Nous commençons la visite des différents bâtiments d’Angkor Wat : de nombreuses sculptures de femmes, des cours intérieures, des piliers joliment sculptés ayant résisté à l’usure du temps, quelques moines et leur robe orange égrènent leurs prières pour les fidèles et leurs oboles.

Nous profitons de la sérénité que dégagent les vieilles pierres puis prenons notre courage à deux mains pour retourner au bus, direction le mythique et désormais cinématographiquement célèbre Ta Prohm. Sur les traces de Lara Croft et ses courbes généreuses, nous nous perdons au milieu des multiples bâtiments qui ont servi de décor au fameux Tomb Raider. Les arbres ont pris possession des lieux depuis plusieurs siècles et leurs branches et racines se mélangent magnifiquement aux murs et statues historiques.

Le site est entouré d’une forêt dont nous apprécions volontiers l’ombre bienfaisante. Mais la chaleur, le degré d’humidité et notre lever matinal découragent Agnès et Juliette qui chercheront l’ombre en attendant Christophe et Margaux à la découverte de Angkor Thom : ce troisième temple est connu pour ces têtes géantes de Bouddha, disposées autour de tourelles par quatre, le sourire de chacune éclaire de bienveillance et de sérénité plusieurs siècles d’histoire khmer.

Mais ce début d’après-midi ne tolère plus qu’une seule activité humaine : l’eau bleue de la piscine de l’hôtel, dont nous profiterons vraiment pendant les 4 jours de notre séjour au nord-ouest du Cambodge. Après le sourire des thaïs, la gentillesse extrême des cambodgiens nous ravit.

Même le night market dans la soirée reste tropical ! On se rafraîchit en se délectant de glaces roulées (étalées comme sur une crêpière mais réfrigérante) : fruits, crème et pépites de chocolat, miam !

Ce sera un dimanche de Pâques peu ordinaire : Juliette découvrira les chocolats que Margaux a importés jusque-là dans le frigo. Impensable de les cacher dans le jardin : les 35 ou 38 degrés du jour ne les auraient pas épargnés ! Quelques Skype pour entendre la famille de l’autre bout du monde et les chocolats seront mangés !

Nous trouverons aussi la fraîcheur dans une salle de spectacle où se joue Angkor Dinasty, un show musical qui déroule les facettes de l’histoire khmer à travers les âges, Quelques chinois indisciplinés qui filment plus qu’ils ne regardent se font rappeler à l’ordre, les danseurs surgissent des couloirs entre les fauteuils pour une chorégraphie tout en délicatesse tout près de nous.

Belle énergie et jolie façon de découvrir l’histoire du Cambodge dans une salle climatisée…

 

 

Le lendemain, des aventures plus animalières nous attendent : direction le fameux Elephant Rescue Park. . Il s‘agit d’une maison de retraite pour les éléphants qui ont travaillé dur toute leur vie (un peu comme nous quoi), ou qui ont été rachetés à des propriétaires peu soucieux du bien-être de leurs animaux.

Certains touristes font même du bénévolat (ils payent pour ça !) et passent quelques jours ici pour s’occuper de ces pachydermes. Nous venons tous les cinq passer une demie-journée avec eux pour le fun !

Nous commençons la journée par revêtir l’uniforme obligatoire : une tunique large d’un pourpre du plus bel effet, d’un pantalon type «sarouel d’Asie», taille unique, une paire de bottes de caoutchouc et pour le style et le soleil, un charmant chapeau de paille ! Ainsi parés, nous voilà prêts pour la séance de briefing. Tous assis autour de la table (une quinzaine d’heureux uniformes rouges), nous écoutons attentivement ce que le spécialiste de la maison nous enseigne, du haut de ses quinze ans d’expérience avec l’éléphant. Nous apprenons comment lui donner la nourriture, comment le toucher sans l’agresser, comment se positionner par rapport à son imposant volume, etc, etc !

C’est parti pour la découverte du troupeau qui vit paisiblement sur ces terres : nous voilà tout près de leur enclos, avec plusieurs paniers de bananes. C’est l’heure du petit déjeuner et les ogres gris ont faim ! Nous nous organisons à la queue leu leu pour distribuer à chacun une banane à la fois : ils sont bien affamés et pressés d’attraper de leur trompe le tout petit amuse-bouche que nous leur présentons. On ressent la force de leur muscles et on se sent tout petits devant leur stature. On fait comme ça plusieurs tournées chacun, c’est bien rigolo.

Les paniers ont été bien vite vidés, les trois paniers de 40 kilos ne suffisent pas pour ce repas : il est temps pour Joanne, Margaux et Agnès de partir en balade avec les bestioles pour la suite du breakfast, au menu quelques bonnes branches et autres feuilles d’arbre.

Pendant la promenade, nous avons tout loisir de les approcher, les toucher, même si nous ne sommes pas encore très à l’aise. Nous prêtons bien attention à ne pas laisser un orteil sous leur pied de géant.

Pendant ce temps, Juliette et Christophe vont s’occuper de Booma, une jeune éléphante de 21 ans qui est là en convalescence. Après de nombreuses années de travail intense en forêt birmane, ses articulations ont beaucoup souffert et elle marche telle une grand-mère pleine d’arthrose ! Christophe et Juliette se retrouvent seuls avec son mahout. C’est l’heure de lui donner ses médicaments, on lui donne quelques bananes et baquets d’eau : elle y aspire de l’eau pour s’asperger, le principe de sa climatisation naturelle… Ses douleurs l’empêchent de descendre vers le bassin où les autres vont se baigner pour leur toilette bi-quotidienne.

Nous profitons de ce moment calme presque en tête à tête pour lui faire des câlins, sorte de tête à trompe ! Impressionnant et émouvant !

C’est l’heure maintenant de rejoindre le groupe qui se dirige tranquillement vers le bain du matin. Il fait chaud, comme d’habitude en Thaïlande ! On nous propose de descendre dans l’eau avec le troupeau très heureux de l’activité. L’effet de l’eau un peu boueuse qui rentre dans tes bottes et qui imprègne vite fait nos vêtements n’est pas des plus agréables, mais une fois mouillés, nous oublions vite la sensation pour nous occuper des baigneurs qui ont besoin d’assistants pour leur toilette (bon, d’accord, l’éléphant est très capable de se laver tout seul, mais bon, ça fait partie du jeu touristique du jour et il est sûrement très heureux de se faire dorloter par des hommes blancs avec un drôle d’accoutrement rouge…).

Margaux, Joanne et Agnès s’activent à jeter de l’eau sur les mammifères et à les brosser dans le sens du poil. Ca fait pas mal de cm carrés de peau à frotter tout ça ! Au bout de quelques minutes où nous faisons davantage connaissance, l’animal se sentant plus en confiance, d’humeur joueuse, il se met à s’amuser à aspirer de l’eau avec sa trompe et nous arroser le visage d’eau pas tout à fait propre… On dirait que ça le fait bien marrer ! Allez, on en profite encore un peu puis il est temps de sortir tout le monde du bain, direction la terre ferme pour une séance photos et même de free hugs : nous nous prêtons au jeu des clichés du groupe, de la famille, et séquence émotion, la photo de chacun qui donne un câlin à Booma est très émouvante. Se retrouver collé-serré avec un animal de cette taille et croiser son regard doux quand on la sert dans ses bras, reste un moment inoubliable.

Allez, après l’effort, le réconfort ! Nous disons au revoir à nos compagnons du matin ainsi qu’à l’équipe qui les soignent pour une bonne douche et un repas ma foi bienvenu. Un menu simple mais excellent, typiquement thaï : riz et poulet au lait de coco, crudités et pastèque juteuse. On partage la table et la conversation avec un couple d’anglais et de jeunes amoureux français de Toulouse. Le temps passe trop vite, malgré la chaleur toujours bien présente, on nous demande de quitter les lieux, pour laisser la place au groupe suivant, l’équipe de l’après-midi est déjà là !

On terminera notre inoubliable virée thaï par un petit restau au coeur du vieux quartier de Nimman. Un cocktail Where is My Elephant? s’impose pour Agnès ! On boit un verre à ce dernier soir avec nous pour Joanne qui rentrera en France le lendemain, après une escale à Bangkok, une deuxième à Doha au Qatar puis une troisième à Paris. On déguste de délicieux plats, la cuisine thaî vaut vraiment son pesant de cacahuètes ! Tout ça au son étrangement rock and folk d’un petit orchestre local, le chanteur a un air de Dick Rivers et le chapeau de cow boy de Clint Eastwood…

C’est sûr, la Thaïlande est un de nos coups de coeur, les trois semaines de rêve que nous avons vues filer ici seront pleines de belles découvertes, de rencontres avec des gens toujours souriants et de paysages uniques, dans un climat vraiment exotique. Pour nos premiers pas de globe-trotters en Asie, le choix de ce pays a été bienvenu, une entrée en matière facile et très agréable.

 

 

 

 Nous voici prêts pour notre ultime étape en Thaïlande : Koma, notre chauffeur nous emmène une dernière fois dans sa voiture, on sera bien content de le quitter !

Après trois bonnes centaines de kilomètres de frayeur et de nids de poules, nous sommes enfin arrivés, toujours sains et saufs, – merci Saint Christophe ! – tout au nord du pays.

La ville de Chiang Mai nous accueille : c’est la deuxième ville thaï, néanmoins à taille plus humaine que la bouillonnante Bangkok. L’atmosphère ici est totalement différente que celle de la capitale, règne une certaine tranquillité, ce qui explique l’attrait de plus en plus important de cette cité remplie de temples.

Nous arrivons pile pour y célébrer le Festival de l’Eau, soit la nouvelle année thaï, appelée Songkran. On galère un peu à trouver l’appartement que nous avons loué mais, au bout de quelques tours et détours, nous voici installés au huitième étage d’une résidence un peu sans âme mais bien placée et confortable pour nos cinq petites personnes.

Plus on monte au nord et plus les températures montent également ! Après les 40 degrés de Sukhothai, nous dépasserons ici les 43 à l’ombre… Chiang mai est une des villes qui atteint des niveaux de pollution les plus élevés au monde ! Nous sortirons donc les masques pour la première fois… C’est la saison des brûlis et les fumées agricoles se mêlent aux gaz d’échappement ainsi qu’aux émanations toxiques de l’industrie locale, on est prévoyant !

Finalement, l’air n’est pas si irrespirable qu’on ne le pense, l’atmosphère de la Paz ou de Potosi en Bolivie nous ont paru beaucoup plus diffciles à supporter, l’altitude peut-être…

Nous sortons de notre tanière à la nuit tombée, ayant pris soin de mettre à l’abri tous nos téléphones et autres papiers : pochettes étanches et ziplocks de Margaux bien à propos pour ce festival où personne ne reste sec une fois dans la rue ! Nous n’y échappons pas et les locaux se font un plaisir d’arroser quelques touristes européens…

Tout près de là, une grande scène est installée à l’entrée du mall principal de la ville : la foule est amassée devant le stage, dansant au son des mégawatts et des hectolitres d’eau déversés sur leur tête. Tout est bon pour atteindre sa cible : pistolets à eau, seaux d’eau, éventuellement remplis de glaçons, lances à incendie et même des pickups avec des fûts de 200 litres et le canon à eau qui sillonnent les rues plus qu’animées ! Vu la chaleur même à cette heure avancée, nous apprécions finalement l’ambiance bon enfant et le fait d’être bien mouillés !

Nous continuons la fiesta dans un happening : quelques palettes recyclées en tables et bancs, un DJ et de bonnes platines, quelques fûts de bière bien fraîche et nous voilà au beau milieu d’une fête où nous terminerons joyeusement cette première soirée de nouvel an !

Le lendemain matin, nous quittons la ville pour prendre un peu de hauteur : le taxi collectif rouge, appelé songthaew, typique de la cité, nous emmène, masqués, au temple Wat Phrathat. Nous grimpons les lacets de la colline Doi Suthep. petit arrêt pour la vue (soit-disant…) mais plutôt pour une visite shopping de quelques stands d’artisanat hmong (ethnie thaï originaire de Chine). Essayage de couvre-chef et séance shooting…

C’est reparti pour quelques virages et nous voilà arrivés au pied du temple.

On se sépare en deux équipes : les courageuses Agnès et Joanne qui prendront les quelque 309 marches et les malins Christophe, Margaux et Juliette qui emprunteront le funiculaire. On dira que l’escalier mérite bien le détour : joliment décoré, ses rampes sont formés de statues de serpents fort impressionnants. Quelques gamines «déguisées» en costume traditionnel et aux joues roses trop maquillées nous interpellent pour une photo-souvenir que nous refuserons.

Quand les deux équipes se retrouvent, une visite dorée commence : les différents bouddhas, bâtiments et autres chétis sont recouverts de dorures qui scintillent de mille feux sous le soleil déjà écrasant du matin. De nombreux fidèles sont là pour prières et offrandes aux nombreux dieux et déesses ici rassemblés, les touristes se pressent aussi pour découvrir ce lieu de débauche : débauche de dorures, de métal ciselé brillant, de feuilles d’or précieuses recouvrant les silhouettes gracieuses d’une multitude de divinités bouddhiques…

Après une offrande de fleurs de lotus et quelques bâtons d’encens partis en fumée, nous redescendons vers la ville pour un deuxième temple, le Wat Phra Singh. Situé en plein coeur de la cité, il est l’un des plus visités. Une célébration est en cours, quelques croyants achètent des feuilles d’or qu’ils appliquent minutieusement sur les mains ou la tête d’une statue de Bouddha, quelques moines en orange murmurent des prières tout en manipulant mystérieusement de l’encens et des oeillets… les «ohms» retentissent dans le temple.

Allez, on a bien mérité green tea et jus de mangue bien rafraîchissants après ces pèlerinages sous la chaleur. Nous nous réfugions dans l’après-midi sous l’air bien conditionné de l’EBC, le mall d’hier soir. On s’amuse dans les boutiques : encore des couvre-chef rigolos, des gadgets inutiles et des peluches trop mimis…

On se sépare à nouveau : Juju et Christophe resteront à l’appart pendant que Margaux, Joanne et Agnès s’initieront à la cuisine thaï. Miam ! Nous reprenons le même taxi rouge et au fur et à mesure du trajet, d’autres apprentis-chefs nous rejoignent sur les bancs du véhicule : surtout des asiatiques d’ailleurs, chinois surtout. Nous faisons connaissance avant notre premier arrêt pour la découverte d’un petit marché : certains fruits, légumes ou herbes nous sont totalement inconnus mais nous en apprendrons un peu plus pendant les trois heures de cours qui nous attendent.

Allez, il fait un peu trop chaud dans ce marché, nous reprenons la route pour accéder à la maison où on nous séparera en deux groupes : les asiatiques d’un côté, les anglophones de l’autre. Nous voilà avec des brésiliens tout sourire, des américaines bien en chair, un couple de philippins gourmets. Direction le jardin : l’endroit est charmant, fleurs, arbustes et potager et un chat noir qui adopte de suite les mollets de Joanne et Margaux. Nous découvrons différentes herbes, citronnelle, basilic thaï, l’indispensable rouge et piquant chilli, le citron vert sur pied. Tout ça augure de petits plats savoureux et parfumés…

On enfile les tabliers et nous voilà une douzaine d’élèves autour de la table. Distribution des ustensiles et des ingrédients pour trois recettes que nous choisissons dans l’éventail gourmand proposé. Ce sera pad thaï, curry vert de poulet et un thé vert au lait glacé.

On découpe, on écrase, on mélange, on touille, on mijote : nos papilles frétillent d’impatience ! Pendant la cuisson odorante, notre prof du jour se fait un plaisir de rajouter des piments dans nos casseroles, aïe aï aïe, spicy spicy !

Il est temps de goûter à nos préparations exotiques : en un mot délicieux ! On repart ravies, avec un livre de recettes et un take away pour Christophe et Juliette qui nous attendent à l’autre bout de la ville. Voilà une parenthèse culinaire, un vrai moment de détente à la découverte des secrets d’une des meilleures cuisines au monde !

Nous voilà embarqués pour la visite du Parc Historique de l’ancienne capitale (eh oui, comme sa voisine Ayutthaya, il y a plusieurs anciennes capitales en Thaïlande, selon les péripéties et autres batailles des règnes successifs). Contrairement à Ayutthaya dont les vestiges sont dispersés à travers la ville moderne, ici plus d’une centaine de sites sont «concentrés» dans le parc d’une superficie de 7km2, c’est un site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO,. Nous ne visiterons qu’une toute petite part de ces merveilles, les plus belles en tout cas.

Pour cela, nous nous équipons d’un parapluie. Non pas que l’orage ou les averses ne nous guettent mais plutôt pour nous protéger du soleil torride qui nous attend sur ces 700 hectares…

Certains se déplacent à vélo, notre chauffeur du jour nous emmènera dans pas moins de trois véhicules. Nous commençons notre périple entassés tous les cinq dans un tuctuc bleu tous chromes dehors comme on les aime : c’est du fun !

Il fait déjà bien chaud à nos thermomètres, on dira dans les 36 à l’ombre pour le début de la visite. Direction le Wat Si Chum. Là se trouve une impressionnante statue de bouddha assis, la main droite tournée vers le sol, symbolisant sa victoire sur le mal incarné par le démon Mara. Il nous accueille avec un peu d’ombre bien appréciée. Il est un peu caché dans un bâtiment carré et on commence à l’entrevoir de loin lorsqu’on est face à la porte. Ses mains gigantesques sont dorées, comme Julien et son air serein et avenant nous séduisent tous. Bizarrement, – est-ce la chaleur ? -, les touristes ne sont pas trop nombreux autour de nous et ce n’est pas pour nous déplaire !
Nous prenons cette fois un tuctuc électrique pour entrer dans le parc où les moteurs thermiques sont prohibés afin de protéger la pérennité des constructions. Le Wat Sa Si est un autre temple entouré d’un étang artificiel aux reflets magiques. Nous traversons le joli pont qui y mène sous des températures qui prennent un malin plaisir à monter… Une imposante statue de Bouddha trône là. Notre guide nous dit que jusqu’en 1978, une route traversait le temple. Elle fut détournée afin de préserver le magnifique monument historique.

Quelques photos plus tard, nous reprenons parapluie et tuctuc pour la visite du Palais Royal dont il ne reste aujourd’hui plus rien que le Wat Mahathat… le palais était entouré de douves, la résidence royale était édifiée au milieu d’une plantation de palmiers à sucre. Le Mahathat, le sanctuaire royal est le plus grand temple de Sukhothaï avec son grand Bouddha de 9 mètres. Magique !

On quitte le parc historique en fin de matinée, la chaleur ayant eu raison de notre curiosité…

Hier a commencé le Festival de l’Eau. Aussi appelée Songkran, la nouvelle année que les locaux fêtent à grand renfort de seaux d’eau nous attend, les rues du Parc sont pleines de guirlandes de fanions colorés.

Là nous attend le troisième moyen de transport du jour : le pickup. Margaux et Joanne embarquent dans la caisse à l’arrière du véhicule. Nous traversons le centre ville : de nombreux gamins, des adolescents et même des adultes jouent à lancer de l’eau sur les passants.

Joanne et Margaux seront ravies de se faire arroser, les 40 degrés étant de plus en plus difficiles à supporter.

L’eau fraîche de la piscine de l’hôtel sera notre compagne de l’après-midi farniente ! La musique résonne dans les rues jusque tard dans la nuit,… Joanne participera, un peu malgré elle, à la fête depuis sa chambre qui donne sur la rue animée…

Au bout de 6 jours trépidants dans la vibrante Bangkok, nous prenons la route avec Koma notre chauffeur à la conduite peu confortable, direction l’ancienne capitale du Royaume de Siam. Les 80 kilomètres dans la voiture sont un peu chaotiques mais nous arrivons tous sains et saufs dans le bel endroit où nous entamons une retraite bien méritée…

L’hôtel est une ancienne maison typique de Thaïlande, toute en teck et pourvue de magnifiques bassins où flottent nonchallamment des massifs de lotus. L’endroit est très paisible, loin de l’agitation de la ville que nous découvrirons pendant deux jours.

La maîtresse des lieux est une petite bonne femme aux cheveux gris fort dynamique et très avenante. Elle mène la barque de ce lieu de zénitude d’une main de fer dans un gant de velours… Une fois installés, nous voilà partis pour le marché de nuit de la cité. Une myriade de stands de street food sont alignés sur le trottoir : brochettes de poulet, tripailles, calamars et autres fruits de mer, nouilles, poisson et autres escargots, le choix ne manque pas. On fait nos achats pour déguster le tout sur la terrasse de notre villégiature, sous des températures plus chaudes encore qu’à Bangkok…

Nous embarquons le lendemain pour une croisière sur le Chao Phraya, le fleuve qui nous suit depuis Bangkok. N’imaginez pas un bateau de plaisance ni un équipage aux petits soins, nous nous installons sur les planches qui servent de siège d’un long tail conduit par un pêcheur du coin, plutôt souriant et très peu anglophone… Monter et descendre du bateau pour les différents arrêts ne sera pas des plus faciles : les quais ne sont pas vraiment aménagés, il va y avoir du sport !

Nous avons un peu oublié le nom des fabuleux endroits visités, on vous donnera dans le désordre : le Wat Phutthaï Sawam et ses belles statues dorées ainsi que ses chauve-souris, le Wat Thakarong et son Bouddha géant, le coucher du soleil se fera majestueux sur le temple khmer Wat Chai Watthanaram et ses statues de pierre de Bouddhas décapités. Les Birmans n’ont pas fait de quartier…

Nous rencontrons plusieurs groupes de jeunes filles vêtues de façon traditionnelle avec qui nous échangeons quelques photos, à défaut de conversation, rapport avec nos langues très différentes !

Il est temps de profiter de la piscine, juste pour nous, alors qu’il fait dans les 38 degrés à nos thermomètres qui n’en croient pas leurs mirettes ! Joanne et Margaux s’offriront le luxe d’un massage thaï en plein air. Mais ne croyez pas que ce fut une partie de plaisir seulement : le massage thaï se pratique sans huile, avec l’aide des coudes et des pieds, voire quelques appuis de genoux bien placés !

La nourriture est excellente : pad thaï et currys verts sont à tomber et même le petit déjeuner est servi avec quelques surprises locales comme des petits desserts à base de riz cachés dans des feuilles de bananier. Les thés verts glacés sont inoubliables.

Malheureusement, notre «retraite» ne dure que deux jours, Koma notre chauffeur peu délicat nous attend pour l’étape suivante qui nous mènera jusqu’au nord de la Thaïlande. A suivre…

 

Le bateau-bus nous attend au pied de notre hôtel, sur les canaux de la rivière Chao Phraya. En route pour la maison de Jim Thompson.
Mais qui est cet homme ? Un ex-architecte américain, devenu homme d’affaires en Thaïlande, celui qui aura su re-dynamiser le secteur de la soie. Il fut aussi officier de l’US Army puis agent secret. Il fût surtout un grand collectionneur d’antiquités et durant 25 ans fit construire cette habitation magnifique, recyclant pour cela trois maisons de construction traditionnelle, ramenées par la rivière, démontées depuis Ayutthaya.

En 1967, il disparut mystérieusement en Malaisie à l’âge de 61 ans. Sa contribution au développement de l’industrie de la soie thaïlandaise lui valut la décoration prestigieuse de l’Ordre de l’Eléphant Blanc. Sa maison fut transformée en musée et on y découvre une grande collection d’art d’Asie du Sud-Est (statues, peintures traditionnelles, soieries, papiers d’art, porcelaine de Chine…)

Notre guide qui parle très bien le français use d’humour pour nous faire découvrir ce petit bijou d’architecture thaï. Nous glanons quelques idées pour construire un jour la maison de nos rêves…

Nous changeons de quartier grâce au métro bangkokois (quoi ?!) pour une balade dans la verdure du Parc Lumpini. Son nom vient de Lumbini, lieu de naissance du bouddha au Népal, quoi ! On y prépare le festival de Songkran : des structures métalliques, des guirlandes lumineuses, des stands de nourriture sont en cours de montage.

On vient là tous les cinq pour respirer un peu d’air pur, voir des varans et découvrir de nos yeux ce moment spécial où à 18 heures chaque jour, la vie s’arrête dans les allées verdoyantes lorsque l’hymne national y est joué.

Malheureusement, pas l’ombre d’un animal, exceptés un matou endormi et les cygnes-pédalos en plastique que le promeneur peut louer sur le petit lac. Les varans, vilains chapardeurs de nourriture ont été déplacés vers un parc plus grand à l’extérieur de la ville. Certains atteignent 3 mètres ! Les thaïlandais pensent aussi que l’animal porte bonheur : si l’un d’entre eux pénètre dans ta chambre, tu deviendras riche ! Pas sûr qu’on ait envie de devenir si riche…

Lorsque sonne 18 heures, l’hymne retentit dans les hauts parleurs et effectivement plus rien ne bouge : joggeurs et autres familles en goguette s’arrêtent net pour un temps suspendu rendu à la nation. Déroger à la règle est un crime de lèse-majesté. Nous imiterons donc nos voisins…

Après âpre négociation avec les chauffeurs de tuctuc, nous retournons sur Khao San Road, non pas pour un repas à base de mygales mais pour une virée nocturne dans un tram vintage. On fait le tour des différents bâtiments illuminés et des quartiers mythiques bien animés. On se permet de re-visiter les extérieurs du temple Wat Pho, cette fois avec la foule non pas des touristes, plutôt des chauve-souris qui virevoltent dans les arbres ! On fait une halte sur les quais pour admirer les bateaux joliment éclairés puis plus loin, pour le célèbre marché aux fleurs : il se tient 24 heures sur 24, c’est là que sont confectionnés tous les bouquets et colliers d’offrande qui seront vendus dans les rues de Bangkok.

Voilà une façon sympathique de visiter la ville qui accueille le plus grand nombre de visiteurs au monde ! En matière de transport en commun, on n’est pas mal : en une journée, on a quand même utilisé : les bateaux-bus, le métro, les tuctucs et le tram et un dernier tuctuc…