Notre deuxième journée chilienne sera consacrée à l’île de Chiloe, 155 000 habitants, en réalité un archipel, composé de plus d’une trentaine d’îles, Le ferry nous transporte sur ce petit morceau de terre entouré des eaux du Pacifique. Chiloe est connue pour ses maisons de bois multicolores sur pilotis (les palafitos) et ses églises en bois (16 des constructions jésuites du XVIIIème sont classées au Patrimoine de l’Humanité par l’Unesco).

Plutôt qu’explorer la plus grande réserve mondiale de sphaigne (genre de mousse qui forme des tourbières, pour les nuls), nous choisirons pour Juliette, comme sujet de biologie du jour l’étude des manchots.

Nous roulons sur la plage de Puñihuil pour rencontrer les deux espèces : les humbolts et les magellans. (Nous connaissions par ailleurs d’autres familles de manchots moins exotiques dont nous tairons les noms ici.)
Sur le sable, vêtus de nos gilets de sauvetage, nous embarquons sur une drôle de carriole qui nous dépose les pieds au sec sur un petit hors-bord au doux nom de Titanic le troisième !
Aucun iceberg, aucun Leonardo en vue, seulement quelques îles habitées par une tribu de manchots qui a élu domicile sur ce petit bout de paradis. Nous sommes en février, période où l’animal mue. La perte de son plumage l’oblige à une diète forcée : en effet, pour pêcher sous l’eau, il faut être étanche !
La balade avec les pêcheurs et le guide nous font découvrir également des oiseaux dont des cormorans à bec rouge.

Tout ça nous a mis en appétit et nous profitons d’une terrasse de bois pour nous restaurer de poisson face au Pacifique. Devant nous, l’horizon dégagé laisse imaginer les côtes lointaines australiennes… à suivre dans quelques semaines !

Nous reprenons le lacet des petites routes côtières pour nous rendre à Castro, la capitale de l’île. Visite de son église San Francisco en bois jaune canari, d’écailles et de couleurs, marche dans les ruelles animées, virée gourmande dans sa meilleure pasteleria : Magnolia, maisonnette de style local joliment restaurée. Descente vers les fameuses palafitos, pittoresques et chammarées : il s’agit de maisons typiques de l’île, faites en bois indigène. Elles ont les pieds ou plutôt les pilotis dans l’eau de la rivière Gamboa.

Malheureusement, Castro est un peu comme Lyon : les bouchons du soir y sont terribles… nous rentrons à la nuit, par le ferry après presque une heure pour traverser la ville. On chope quelques empanadas (petit chausson ou feuilleté, farci de viande, de poisson, d’œuf, de pomme de terre ou d’autres ingrédients)   sur la route du retour pour grignoter dans la voiture de Joanna. Allez hop, au lit pour notre dernière nuit en Patagonie chilienne…

 

 

Castro