Lundi de Pâques, nous prenons place dans un véhicule 9 places pour rejoindre la capitale. 5h30 de voyage, dont 30 minutes dans le duty free et casinos sans âme de la frontière. On la joue local : ça sent le durian dans le mini-bus collectif, (un peu comme si quelqu’un transportait un munster par 35 à l’ombre…).

On arrive sans encombre à Phnom Penh dans l’après-midi ensoleillé et chaud et on rejoint l’hôtel dans deux tuctucs : celui-ci est en plein centre, une piscine sur le toit et une jolie salle à manger traditionnelle. On se déchausse avant d’entrer, on mange sur de grandes tables basses, les fesses sur des coussins au sol, pas forcément au goût de tout le monde mais en tout cas exotique !

Le premier matin, à la fraîche, nous prenons un tuctuc Christophe et moi pour nous rendre à l’agence qui s’occupera de nos visas vietnamiens. Après un petit déjeuner pieds nus, nous prenons un tuctuc puis un petit bac direction l’Ile de la Soie. Le chauffeur ne garde que Juju sur son engin (une petite mobylette avec un bricolage à la MacGyver comme un bidon d’eau sur le côté prolongé d’un tuyau qui refroidit le moteur) pour monter la côte jusque sur l’embarcadère.

A peine le pied posé sur la petite île, nous nous faisons accostés par une famille de tisseurs de soie, c’est parti pour la visite de leur atelier-maison (on travaille en bas et on vit à l’étage). La maman tisse, les filles parlent l’anglais et nous vendent quelques foulards aux jolies couleurs…

On se rend maintenant avec notre guide du jour – et chauffeur et bricoleur -, dans une «ferme» de vers à soie, ça va de soi ! Un deuxième guide franglophone (!) nous emmène dans une visite plutôt intéressante : élevage des larves et processus de fabrication.

Autour un mini-zoo, des oiseaux dans des cages qui parlent aux visiteurs, des chouettes, des singes, deux énormes crocos, des paons et un bassin à poissons qui va nous ramener quelques mois en arrière en Amazonie ! Nous retrouvons les énormes bestioles aux écailles noires et rouges du Rio Negro : les pirarucus portent ici un autre nom : le lucky fish ou poisson de la chance.

Si tu le touches, la chance t’accompagnera pendant deux années. Margaux et Christophe plongent la main dans l’aquarium pour caresser l’animal dans le sens des écailles… On se souvient que les pirarucus d’Amazonie étaient affamés et voraces, on n’aurait alors pas tremper un orteil dans la cage qu’ils occupaient dans le Rio Negro brésilien…

Le soir venu, nous embarquons à nouveau sur le Mékong pour une croisière de nuit. C’est en sirotant un cocktail fruité que nous admirerons le coucher du soleil sur les rives du fleuve mythique. La ville s’illumine petit à petit et les lumières aux mille couleurs sont un enchantement ! Phnom Penh et ses deux millions d’habitants est une capitale moderne, mélange épicé d’influences asiatiques et française.

En 1975, l’arrivée des khmers rouges et leurs ravages ont marqué dramatiquement l’histoire de ce pays. Il est possible de visiter ce qu’on appelle les Champs de la Mort mais nous choisirons de ne pas nous y rendre avec Juliette.

Notre troisième jour nous emmène pour la visite du célèbre temple Wat Phnom. Ce fut Daun Penh, une vieille femme riche qui découvrit quatre statues de Bouddha en bronze et en pierre dans un tronc d’arbre échoué sur les berges du Mékong. La vieille femme aurait ensuite placé les statues dans un sanctuaire provisoire sur la colline, près de sa maison. Le temple qu’on appelle aussi la Pagode de la Colline est le plus ancien de la ville.

Une horloge géante nous accueille dans le parc charmant et ombragé du lieu, des serpents nagas géants ornent les deux côtés de l’escalier principal, des petits oiseaux attendent dans leur cage qu’un fidèle veuille bien les acheter pour accompagner sa prière et les libérer ensuite… pour mieux être capturés à nouveau pour un business sans fin…
Les volutes d’encens parfument le sanctuaire principal et son grand Bouddha lui-même entouré d’autres statues. De magnifiques peintures ornent murs et plafonds, des assiettes de nourriture, des bananes et des mangues sont posés sur le sol en offrande aux divinités par de pieux visiteurs.

La vie est encore moins chère au Cambodge qu’en Thaïlande. Margaux en profite pour faire tatouer le mot “voyage” en khmer sur sa deuxième cheville…

Nous quittons le Cambodge conquis par la gentillesse de ses habitants et l’authenticité de ses paysages.

Certes, le pays a encore beaucoup à développer, cheminer sur ses “trottoirs” s’est avéré compliqué pour notre Juju mais le sourire contagieux des cambodgiens restera dans nos coeurs longtemps…